Vous le savez, sur la chaîne, on échange beaucoup et vous êtes nombreux à me dire : « Cédric, les roues en 50, 60 de haut, c’est trop ! L’idéal c’est 38 ou 40 mm. » Eh bien, vous savez que je vous écoute… mais je suis un amoureux du beau matos, des vélos aéro et des roues hautes ! Ça faisait longtemps que je voulais une paire de roues « bodybuildée », à la hauteur de mon Trek Madone SLR. Alors j’ai passé le cap chez Panda Podium avec ces Craft Racing Wheels (CRW) CS6575 (65 mm à l’avant, 75 mm à l’arrière). Aberrant ? Laissez-moi vous en parler après plusieurs mois d’utilisation.
Rigidité et transmission
Ce qui m’a surpris, c’est le dynamisme. J’avais déjà testé des roues hautes par le passé, et souvent, on se retrouvait avec un train avant verrouillé, avec l’impression d’être sur un vélo de chrono. Relancer devenait pénible. Là, ce n’est pas du tout le cas ! Je conserve un vélo joueur. On peut facilement se mettre en danseuse, accélérer, relancer sans avoir l’impression d’être « planté » à la moindre bosse. Malgré la hauteur folle des jantes, on garde une vivacité incroyable. Sur des parcours vallonnés, j’enchaîne les montées et les descentes en étant super à l’aise.
Comportement aero
C’est évidemment là qu’elles excellent. Ces jantes (34 mm de largeur externe, 25 mm en interne pour l’avant !) sont taillées pour le moderne : je les ai montées avec du GP5000 STR en 30 mm, qui gonflé donne du 32 mm à l’avant et du 30 mm à l’arrière. L’aéro est magique : une fois passé une certaine vitesse (souvent au-delà de 30-40 km/h), on a l’impression que la roue ne veut plus s’arrêter. Les hautes fréquences de pédalage sont faciles à tenir, on force tout simplement moins. C’est l’effet « vent dans le dos », on se sent illimité. Et pour la fameuse question du vent latéral… oui, quand ça souffle fort de côté, on est un peu balloté. Mais c’est une question d’habitude : on anticipe les dépassements, on tient son cintre, et ça reste largement jouable au quotidien.
Poids réel pesé
C’est la prouesse qui vient tout casser. Des roues en 65/75 mm de haut qui pèsent… 1480 grammes ! Sur mon Trek Madone (qui n’est pas le cadre le plus léger du marché), j’arrive à un vélo d’à peine plus de 8 kg. Si vous les mettez sur un cadre plus light, vous sortez facilement un vélo en 65 mm à 7,5 kg. Ce poids hyper maîtrisé est exactement ce qui fait qu’elles ne sont pas pénalisantes dans les ascensions.
Moyeu et roulements
On est sur des moyeux « maison » équipés de roulements céramiques. Alors oui, on va me dire que le gain en watts à notre niveau est dérisoire (5, 6 ou 7 W, peu importe). Mais moi, je me fiche des chiffres ! Ce qui compte, c’est le ressenti. Mon vélo est monté « full céramique », et je peux vous garantir que l’inertie et la qualité de roulement sont exceptionnelles. Au moindre faux plat descendant, la vitesse que le vélo prend est bluffante. C’est un ressenti de fluidité qu’il faut essayer pour comprendre.
Finition
Craft Racing Wheels n’est peut-être pas encore la marque la plus connue chez nous, mais c’est du matos premium, très réputé en Asie et aux États-Unis. Les roues sont montées à la main (le suivi de tension des rayons carbone plats est signé, c’est ultra pro et impossible à faire par des machines à ce niveau de précision). L’alignement des rayons aéro est parfait. Esthétiquement et techniquement, la finition est impeccable. Le look sur le vélo est tout simplement redoutable.
Rapport qualité prix
Sortons la calculatrice : 1700 € pour 1430g (poids catalogue), des jantes super larges prévues pour le tubeless, des rayons carbone et des roulements céramiques. J’ai regardé la concurrence… et il n’y a pas photo. À caractéristiques équivalentes, chez les grandes marques, soit c’est plus lourd, soit les specs ne sont pas là, soit le prix s’envole. À ce petit jeu, c’est sûrement l’un des meilleurs rapports qualité/prix du marché pour qui cherche l’ultra-performance aéro sans sacrifier le poids.




