Connaissez-vous Magene ? C’est une marque « geek » chinoise qui monte en puissance (ils fabriquent d’ailleurs les fameux home-trainers Decathlon). Avec ce C606 Pro (utilisé par les pros de l’équipe Astana), ils viennent directement concurrencer iGPSport ou Bryton. Mais que vaut-il vraiment sur la route face à mes Garmin habituels ? Voici mon verdict :
Précision GPS et capteurs
Fini d’attendre dans le froid que le compteur trouve le signal ! Magene utilise le système A-GNSS : le compteur télécharge la position des satellites à l’avance et accroche le signal en 5 secondes chrono à l’allumage. Bien qu’il soit « mono-bande » (il capte Galileo, GPS, Glonass, etc., mais un seul système à la fois selon la région), la trace sur la carte est excellente et très précise, même en sous-bois. Côté capteurs, il gère tout (Bluetooth/Wi-Fi), mais attention aux traductions hasardeuses : pour connecter votre capteur de puissance, il faudra chercher l’onglet « Alimentation » au lieu de « Puissance » ! (Mis à jour depuis le test et la vidéo)
Autonomie réelle
Magene annonce jusqu’à 25 heures. En bon geek, je l’ai poussé dans ses retranchements : 4 à 5 capteurs connectés, liaison téléphone, navigation active et pas mal de recalculs d’itinéraires. Dans ces conditions intensives, j’ai tenu entre 17h et 18h. C’est en dessous de la promesse maximale, mais ça reste très solide pour une utilisation poussée.
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Ergonomie et lisibilité de l’écran
C’est le gros point fort par rapport au C606 classique (qui est en LCD). Ce modèle Pro embarque un écran tactile transflectif MIP. Plus il y a de soleil, plus il est contrasté et lisible, le tout sans reflets et en économisant la batterie. Côté « hardware », c’est un sans-faute : les plastiques sont beaux, les boutons agréables et le tactile est ultra-réactif, sans aucun raté.
Cartographie et navigation
C’est là que le bât blesse un peu : on sent un manque de maturité du logiciel (Software). La navigation hors-ligne est possible en téléchargeant les cartes en Wi-Fi (comptez 40 min pour les 500 Mo de ma Normandie). Si vous créez la trace via leur application, les instructions sont claires. Mais si vous importez un GPX depuis Strava ou Komoot, le compteur l’interprète mal et vous spamme d’indications au moindre virage. Le gros défaut en navigation : l’auto-zoom ! À l’approche d’un carrefour, l’écran zoome bien, mais dès que vous tournez, il dézoome instantanément. Il n’y a pas ce petit « temps de validation » (comme chez Garmin) pour vérifier qu’on a pris la bonne route. Le recalcul d’itinéraire fonctionne, mais il lui faut parfois 3 ou 4 essais, et les instructions de demi-tour sont très mal formulées.
Écosystème application
L’application OnelapFit est obligatoire pour démarrer le compteur. Elle est simple, stable et sans bugs. Plutôt que de créer des algorithmes complexes (et souvent faux) d’aide à la performance, Magene va à l’essentiel : on peut paramétrer ses écrans de données très facilement (parmi une centaine de champs), gérer ses capteurs et configurer des alarmes simples (boire, manger, allumer les lampes à la nuit tombée). Simple, mais efficace.
Rapport qualité/prix
Proposé à 199 €, le tarif est ultra-agressif. À titre de comparaison, on a à peine un petit Garmin Edge Explore 2 pour 240 €. Surtout, l’expérience d’unboxing est digne d’un smartphone premium : il est livré avec une coque en silicone, un verre trempé, deux supports élastiques, un adaptateur quart de tour classique et même un support arrière de rechange à visser sous le compteur en cas de casse.
En conclusion
Le hardware (la machine en elle-même) est exceptionnel pour ce prix. Si vous êtes un coursier qui cherche un super écran pour afficher ses datas, foncez. Par contre, si vous êtes un explorateur urbain ou gravel qui compte utiliser la navigation à 100 %, le logiciel manque encore de maturité pour être parfaitement agréable à utiliser.
