Julbo s’est fait un nom avec ses lunettes de vélo, Density et Edge en tête. Depuis quelques années, la marque s’est aussi lancée dans les casques, et en 2025, en collaboration avec la Groupama-FDJ, elle a sorti le Finisher Evo. Un casque qui se veut ultime sur le papier : confortable, ventilé, performant. Je l’ai essayé durant plusieurs sorties cette année, voici mon avis.
Comment se comporte la ventilation par forte chaleur ?
Ce casque est muni de 19 ventilations qui, en roulant, permettent un refroidissement plutôt convaincant à haute vitesse et par température « normale ». J’ai pu l’utiliser par plus de 30 degrés, et ses limites sont vite apparues : j’avais plus chaud que d’habitude. Au bout de 10 km à peine, la tête en surchauffe et les mousses gorgées de transpiration. On le verra tout à l’heure, les nombreuses surfaces d’appui en mousse à l’intérieur de ce casque pourraient bien en être la cause.


Lorsque l’on regarde à l’intérieur du casque (voir photos plus bas), on s’aperçoit que le casque avec le système MIPS en place a plus de surface en mousse que de trous servant à la bonne ventilation. En plus sur ma tête, le casque épousait parfaitement mon crâne, résultat, une sensation de douceur, comme si j’enfilais une charentaise rembourrée à mes pieds, c’est confortable, doux, mais revers de la médaille, très vite, cela donne chaud. Et bien c’est exactement la sensation que j’ai avec ce casque lorsque je le mets par météo de plus de 20 °C.
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Je l’utiliserais donc personnellement plutôt à partir de la mi-saison, mais pas en plein été, là où les sorties riment avec fortes chaleurs. La sensation d’étouffement peut se faire ressentir, et c’est vraiment surprenant : c’est la première fois que je ressens autant cette sensation avec un casque, à coup sûr liée aux nombreux points d’appui sur le crâne (voir section confort et maintien).
Un poids dans la moyenne haute
300 g, 302 g précisément pour mon casque en taille M. Ce n’est pas le plus léger que j’ai pu avoir. C’est d’ailleurs peut-être l’un des plus lourds. Lorsque l’on remet le poids et le prix l’un en face de l’autre, ça fait un peu mal. 300 g pour 270 €, prix public conseillé à sa sortie. La concurrence positionne ces casques entre 250 et 300 g mais jamais au-dessus.

Si vous n’avez jamais eu de casque plus léger, cela ne vous posera pas de problème. Si c’est votre cas, c’est un petit retour en arrière sur ce point. Ce poids n’est d’ailleurs pas ce qui donne une sensation de lourdeur au casque : c’est plutôt une question de confort, évoquée plus haut.
Le maintien est-il vraiment efficace ?
Pour rendre son casque confortable et bien maintenu, Julbo a misé sur la technologie Mips Air Node pour la sécurité, combinée à de nombreux points d’appui sous le casque, baptisés « Rembourrage confort ». La surface d’appui sur la tête est alors beaucoup plus grande que ce dont j’ai l’habitude avec d’autres casques.


Je ne vais pas revenir sur la sensation de chaleur ressentie qui est clairement la résultante de ce rembourrage confort, mais attardons-nous un peu sur son maintien. Une fois bien réglé (voir rubrique ci-dessous), le casque ne bougera pas sur votre tête. Mais, si comme moi vous avez trop chaud avec, vous seriez tentés de le desserrer un peu et du coup il aurait tendance à glisser un peu sur les lunettes.
Le casque Finisher Evo est-il facile à régler ?
Le Finisher Evo profite de toute la palette de réglages possible sur un casque : un panier réglable en profondeur et en largeur grâce à une boucle micrométrique à l’arrière. Sur ce point, cela fonctionne très bien.

C’est facile à utiliser, et on trouve vite le serrage qui s’avère performant et qui ne bouge pas durant la sortie. Le système 360° Julbo Fit System fonctionne bien, sans ressentir aucun point de pression sur tout le pourtour de la tête. C’est confortable.
Côté sangles, bon point aussi : fermeture Fidlock magnétique, très pratique à une main, et sangles réglables sous les oreilles, un détail indispensable pour moi que certaines marques ont pourtant décidé de supprimer. On arrive facilement à adapter le casque à sa tête.


Julbo a fait le choix de faire passer ces sangles derrière le panier et la mousse, pratique pour éviter qu’elles s’emmêlent, mais esthétiquement pas très joli une fois sur la tête. Cela décale les sangles de quelques millimètres de la peau, créant un vide, et une fois qu’on y passe ses lunettes, cela fait même un décroché avec une légère tension suivant le réglage. Cela oblige presque à passer les branches de lunettes sous la sangle plutôt qu’au-dessus.


Je n’aime pas trop l’effet esthétique, mais au niveau de l’efficacité de réglage et de maintien, ça fait le job. Si vous faites le bon réglage, vous pourrez passer des lunettes, même grandes, à condition de bien le serrer (et du coup d’avoir chaud. Oui je me répète).
Les finitions tiennent-elles leurs promesses ?
Une peinture réfléchissante peu convaincante
Julbo a voulu soigner ses finitions en ajoutant de petits détails censés faire la différence, à l’image de sa peinture réfléchissante. L’idée : si vous roulez à la nuit tombante, les phares font réfléchir la peinture pour mieux signaler votre présence.
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Dans les faits, j’ai eu beau essayer de reproduire l’effet de réflexion, en atelier comme dehors, je n’ai jamais réussi à le constater. Soit je m’y prends mal, soit la peinture n’est pas si efficace que ça.
Un garage à lunettes pas vraiment universel
Autre détail soigné par Julbo : le garage à lunettes. Là où on a d’habitude une simple ventilation prévue à cet effet, on trouve ici un vrai système de rétention des branches pour les stocker.


Avec cette technologie, les lunettes sont très bien maintenues. Trop bien maintenues, même : à vouloir trop les serrer, je trouve le garage peu pratique à utiliser, voire susceptible d’abîmer les branches tant il les prend en tenailles.

Si vos branches sont fines, ça ira. Si elles sont un peu épaisses, ça passera plus difficilement, voire pas du tout. Ce garage n’est donc pas universel : il fonctionne bien avec les lunettes Julbo, qui ont bien souvent le même type de branche assez fine, donc aucun problème, mais plus difficilement avec d’autres marques, de façon assez aléatoire. Il vous faudra une maîtrise du « lâchage » de main pour pouvoir manipuler les lunettes dans leur emplacement niveau 10. Y’a de la résistance, ça vous oblige à forcer et un peu vous déstabiliser. Personnellement, je mettais mes lunettes à l’arrêt, aucun risque de cette façon.
Le rapport qualité/prix se justifie-t-il ?
Vendu à sa sortie 270 €, le rapport qualité/prix du Finisher Evo n’était pas excellent. Malgré toutes les fonctions proposées, son poids un peu plus élevé que la concurrence ne lui a peut-être pas permis de trouver son public fin 2025.

Aujourd’hui, on peut trouver ce même casque pour seulement 129 € en version Groupama-FDJ, et quelques euros de plus en version noir et gris, comme celle que j’ai testée. À ce prix, le casque devient nettement plus intéressant et mérite d’être considéré si vous aimez son style, et ça c’est totalement subjectif.


