S’il y a un col qui a fait couler beaucoup d’encre depuis son apparition sur le Tour de France, c’est bien celui-là. Je dois vous l’avouer, avant de donner les premiers coups de pédales, il me faisait peur. J’espérais surtout que ce ne soit pas le col de « la loose » pour moi ! Sur le papier, on nous vend une ascension de 22 kilomètres depuis Courchevel. Dans les faits, depuis le fond de la vallée à Moûtiers, mon Garmin m’annonce 31 kilomètres de montée continue, pour un total vertigineux de plus de 1 800 mètres de dénivelé positif d’une seule traite.
Voici comment j’ai vécu cette ascension hors du commun.
La longue et pénible approche : Circulation, camions et surchauffe
On ne va pas se mentir, le début de ce col est une vraie purge. Depuis la N90 jusqu’à la traversée des différents paliers de Courchevel (1300, 1500, 1800), on est sur une route ouverte à la circulation en plein été. Et qui dit grande station huppée dit bétonisation, camions de travaux, et un ballet incessant de voitures.
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J’ai passé les 20 premiers kilomètres à me faire doubler par près de 250 véhicules, à respirer des gaz d’échappement et à transpirer à grosses gouttes (au point de devoir m’arrêter pour enlever la veste et la sangler sur mon cintre aéro). Sur cette portion, on est très loin du calme absolu de la haute montagne. J’en étais presque à regretter des montées beaucoup plus paisibles comme le Col du Pré. Il faut vraiment s’armer de patience et ne pas se cramer, car le « vrai » col de la Loze n’a pas encore commencé.

La piste 100 % cyclable : Le silence, les marmottes et… les murs à 16 % !
C’est à environ 6 ou 7 kilomètres du sommet que la magie opère. On quitte la route des voitures pour s’engager sur une piste bitumée exclusivement réservée aux cyclistes. La transition est immédiate. D’un seul coup : le silence. Plus un bruit de moteur, juste le tintement des cloches des vaches et le vent. J’ai même eu la chance incroyable de croiser une marmotte qui a plongé dans son trou juste à côté de ma roue !

Mais si le décor devient somptueux, la route, elle, se transforme en montagne russe sadique. Oubliez la régularité d’un col alpin classique. Sur la Loze, la pente s’amuse avec vous. On se retrouve soudainement face à des ruptures de pente ahurissantes, avec des passages mesurés à 16 % « juste pour notre plaisir ».
Les derniers kilomètres et la délivrance à 2 300 mètres
Les 3 derniers kilomètres affichent une moyenne de 8 %, mais après plus de 28 bornes de montée, chaque coup de pédale devient un combat. Je peux vous assurer que la fin de l’ascension s’est finie en zig-zag sur toute la largeur de la piste pour tenter d’adoucir la pente.

Arrivé au sommet (marqué par l’immense vélo géant en métal), l’épuisement total m’a rattrapé. Avec le froid saisissant de l’altitude, je n’ai même pas pris la peine de sortir la caméra pour filmer : j’ai juste fait deux photos au smartphone, les mains pleines d’huile noire après un saut de chaîne bête.
Mon Bilan
Cette ascension de la Loze est une expérience épique, mais à double tranchant. La première partie urbaine est un mal nécessaire pour accéder à la beauté féroce de la partie finale. Sportivement, je ne suis pas un pur grimpeur, je ne suis pas un athlète affûté pour le Tour de France. Et je pense que pour 90 % d’entre nous, le vélo en montagne ressemble à ça : on subit, on peste, on zigzag, on va puiser au fond de soi-même… Mais la fierté immense de basculer au sommet après 1 800 m de D+ dans les jambes, ça n’a absolument aucun prix !