Après avoir laissé pas mal de plumes (et de sueur) dans ma précédente ascension en très haute altitude, j’avais envie d’une sortie un peu plus douce pour les cuissots. Direction la Haute-Savoie pour m’attaquer au Col des Aravis (et oui, on ne prononce pas le « s » à la fin, on me l’a assez répété !), suivi d’un petit crochet par le Col de la Croix Fry. Le programme du jour : 40 km pour environ 1200 m de D+. Une sortie courte, mais parfaite pour en prendre plein la vue.
Voici ce qu’il faut retenir de cette ascension si vous prévoyez d’y poser vos roues !
L’importance de partir tôt (et de ne rien oublier…)
Première règle en montagne, surtout près des grosses stations ultra-touristiques comme La Clusaz : il faut partir de bonne heure ! À 8h du matin, la route vous appartient. L’après-midi, c’est un défilé incessant de voitures et de camping-cars qui rend l’ascension vite dangereuse. Par contre, petit conseil d’ami : vérifiez bien vos poches avant de décoller. J’ai réussi l’exploit d’oublier du matériel au chalet après 4 km de montée. Résultat ? Demi-tour, redescente, et 200 m de dénivelé positif ajoutés bêtement au compteur. Ça m’a obligé à monter un peu plus fort que prévu pour rattraper le temps perdu. Je me détestais !
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La montée des Aravis par La Clusaz : Le régal absolu
Soyons honnêtes, ce n’est pas le col le plus difficile des Alpes. Avec un sommet perché aux alentours des 1500 m d’altitude, on est sur de la moyenne montagne. Les pourcentages tournent souvent autour de 7 ou 8 %, c’est une pente régulière et tout à fait gérable si vous prenez votre rythme.

Mais le vrai point fort de ce col, c’est son paysage. C’est l’image d’Épinal de la montagne par excellence. C’est presque « cliché » tellement c’est beau : des alpages verdoyants, des chalets en bois, des vaches qui paissent, et des sommets grandioses qui viennent se perdre dans les nuages au-dessus de vous. C’est un col extrêmement ouvert où la splendeur du décor fait totalement oublier la douleur dans les jambes. Un pur kiff du début à la fin.



Le coup au moral de l’électrique
Petit moment de solitude dans l’enchaînement avec le Col de la Croix Fry (qui, au passage, est beaucoup plus boisé et nettement moins beau visuellement que les Aravis). Alors que je m’arrachais dans du 7-8 %, j’entends un bruit arriver à toute vitesse derrière moi. J’ai cru que c’était une voiture… Non, c’était un mec en VAE qui m’a déposé sans aucun effort, tout en tapant un SMS sur son téléphone d’une seule main. Autant en Normandie on n’est pas trop embêté par ça, autant en pleine montagne, psychologiquement, ça pique !
Le retour par les routes parallèles
Pour la redescente vers Thônes et Saint-Jean-de-Sixt, la route principale est un peu trop chargée à mon goût. J’ai préféré bifurquer sur les petites routes parallèles. Le gain en tranquillité est absolu, mais attention au piège : qui dit petite route dit souvent de véritables petits murs « casse-pattes » cachés un peu partout. Il faut en garder sous la pédale pour rentrer.
Mon verdict
Si vous n’avez pas l’habitude de la montagne et que les cols à plus de 2000 mètres vous effraient, le Col des Aravis par La Clusaz est le terrain de jeu idéal. C’est l’ascension parfaite pour découvrir l’effort en montagne sans finir totalement dégoûté par la difficulté. Une montée régulière, un panorama incroyable, et le sentiment du devoir accompli une fois arrivé à la petite chapelle du sommet !