Scott des Cimes du Lac d’Annecy

Quand on vit en Normandie, on est habitué aux relances, au vent, et aux petites bosses bien « punchy ». Mais s’aligner sur une cyclosportive dans les Alpes avec 3 320 mètres de dénivelé positif au programme, c’est une tout autre histoire. Aujourd’hui, je vous emmène avec moi sur La Scott Les Cimes du Lac d’Annecy. Un chantier de 122 km qui s’annonçait aussi grandiose visuellement qu’éprouvant physiquement.

Et croyez-moi, l’acclimatation est vite passée aux oubliettes. Voici comment j’ai survécu à cette journée en enfer !

Le départ : L’illusion de la fraîcheur et le Col de Leschaux

Départ fictif depuis Saint-Jorioz, il est 8h du matin, et on se gèle un peu au bord du lac d’Annecy. Mais quand on sait qu’on va passer la journée dans les cols, on est bien content de profiter de cette petite fraîcheur.

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On lâche les fauves dès le pied du Col de Leschaux. C’est la mise en jambe du jour : environ 12 km à 3 % de moyenne. C’est très roulant (il y a même une petite descente au milieu qui fait chuter la moyenne), les jambes tournent bien, je pousse mes 248 watts à près de 20 km/h. L’ascension est… agréable. Retenez bien ce mot, car c’est littéralement la dernière fois de la journée que je l’utiliserai !

Le Col du Semnoz : Le plat de résistance (beaucoup trop tôt !)

À peine redescendu du Leschaux, on attaque le vrai morceau de la journée : le Col du Semnoz. On parle d’une ascension hors catégorie de 17 km à 4 % en global, mais la portion finale est un véritable mur de 11 km à 6 % de moyenne, avec un finish affolant à plus de 10 %.

La chance que l’on a, c’est que cette difficulté arrive tôt dans la course. On profite encore de l’ombre des sapins et de notre « fraîcheur » physique. Mais c’est long, très long. J’ai monté ça en 46 minutes à 233 watts de moyenne. Au sommet, la vue sur le Mont-Blanc et les sommets environnants à 1 700 m d’altitude est exceptionnelle. Normalement, arrivé là, je ferais demi-tour pour rentrer chez moi… Sauf qu’ici, mon compteur m’indiquait qu’il me restait encore 94 kilomètres à parcourir !

La vallée et le piège du « Groupetto »

Après une longue descente technique, on arrive sur les fameux 16 km de « plat » (si tant est que le plat existe dans ce département). La sélection naturelle s’est déjà faite, les costauds sont devant.

Moi, j’ai fait l’erreur classique : je me suis accroché à un groupe qui filait à plus de 42 km/h dans la vallée pour gagner du temps. Mauvaise idée ! Faire du « jumping » d’un groupe à l’autre dans la vallée m’a cramé les cuisses juste avant d’attaquer la troisième difficulté : le Col de Plainpalais. C’est un col roulant à 5 %, mais c’est là que la chaleur a commencé à devenir accablante. Les jambes étaient en feu, et l’épuisement commençait sérieusement à s’installer.

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Le Col des Prés : La fournaise et la défaillance

Arrive enfin la difficulté qui a écrasé tout le monde ce jour-là : le Col des Prés (8,6 km à 7 % de moyenne). C’est sous un soleil de plomb et une chaleur écrasante que j’ai abordé cette pente. Les pourcentages y sont indécents. J’ai sérieusement envisagé de m’arrêter sous un arbre et de tout abandonner. Mon allure est tombée à 11 km/h pour 198 watts de moyenne… J’étais purement à l’arrêt, le corps totalement vidé.

La galère s’est poursuivie au sommet : le ravitaillement était à sec ! J’ai dû attendre près de dix minutes que les bidons d’eau arrivent pour pouvoir me réhydrater. Autant vous dire qu’à 90 km de course, sans eau, c’est l’abandon assuré.

La ligne d’arrivée : Finir au courage

Les 32 derniers kilomètres étaient loin d’être plats pour rejoindre l’arrivée (qui se faisait au sommet du col de Leschaux). Les crampes ont commencé à percer, la moindre petite pente au-dessus de 5 % me figeait sur les pédales. Heureusement, j’ai rejoint des concurrents qui faisaient le petit parcours, ce qui m’a remotivé pour rouler à plus de 25 km/h sur cette portion finale et franchir cette ligne d’arrivée !

Mon Bilan : Je boucle ces 122 km et 3 320 m de D+ en environ 5h55 (dont 5h28 de roulage réel, les ravitos m’ayant coûté de précieuses minutes). Une épreuve de malade, une chaleur étouffante, mais une fierté immense. Avis à tous les cyclistes habitués aux plaines : une cyclosportive en haute montagne, ça ne pardonne pas, il faut impérativement manger du dénivelé à l’entraînement !

Distance
–
Dénivelé +
–
Altitude max
–
Difficulté
Difficile
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Événement

Nom de l'événement Scott des Cimes du Lac d'Annecy
Lieu Saint-Jorioz
Date / édition 2019

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