Reserve, c’est l’alliance parfaite entre l’indestructibilité du VTT (Santa Cruz) et l’obsession aérodynamique (Cervélo). Le résultat ? Les « Turbulent Aero », des roues pensées pour fendre l’air de manière intelligente. Voici mon verdict, rubrique par rubrique.
Rigidité et transmission
Je vous le dis direct : c’est du béton ! Si vous êtes dans un jour sans, ou que vous butez dans un fort pourcentage en dessous de 20 km/h, la roue verrouille le vélo. Elle ne vous fera absolument aucun cadeau, elle est hyper exigeante. Par contre, dès que vous avez les jambes pour la brutaliser et la faire basculer au-dessus des 32-35 km/h, ça devient un véritable tapis volant. La transmission de puissance est phénoménale, chaque watt appuyé sur la pédale est propulsé vers l’avant. C’est fait pour rouler, point barre.
Comportement aéro
Le concept « Turbulent Aero » n’est pas du marketing : c’est bluffant. Avec 57 mm à l’avant pour limiter l’emprise au vent, et 64 mm à l’arrière pour l’effet voile, le vélo file droit. J’ai pris des rafales de 40 à 50 km/h de côté, et je n’ai senti aucune turbulence parasite dans la direction. Une fois l’inertie lancée, vous devenez une fusée. On sent clairement qu’on gagne 1 à 2 km/h « gratuitement » sur le plat dès qu’on est bien calé dans le vent.
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Poids réel pesé
Montées avec les moyeux DT240, on est un peu au-dessus de la barre des 1500 g. Ce ne sont clairement pas les roues les plus légères du marché (certaines roues asiatiques concurrentes de 60 mm tombent sous les 1300 g). Mais on n’est pas dans la course au gramme ici : l’objectif, c’est l’inertie, la prise de vitesse et la conservation du rythme.
Moyeu et roulements
Ne fabriquant pas ses propres moyeux, Reserve joue la sécurité maximale en s’associant à DT Swiss. La paire que j’ai testée tourne sur les fameux DT240. Fluidité irréprochable, fiabilité légendaire, et le petit bruit de la roue libre qui tape bien comme on l’aime. Rien à dire, c’est de l’horlogerie.
Finition
C’est hyper moderne. La jante a une largeur interne monstrueuse (plus de 25 mm). Elle est pensée pour accueillir des pneus de 29 mm minimum (gonflé à 4,3 bars, mon Vittoria Corsa Pro 29 mm affiche 29,5 mm réels). Cet énorme volume d’air apporte un confort exceptionnel à l’avant, ce qui vient contrebalancer la rigidité extrême de la jante. Le détail mécano génial : héritage du VTT oblige, les têtes de rayons sont externes. Pas besoin de démonter votre pneu tubeless plein de préventif juste pour dévoiler un rayon ! Le détail capricieux : les roues utilisent les valves spéciales « Fillmore » (qui injectent beaucoup plus d’air pour claquer le pneu). C’est top, mais totalement incompatible avec les pompes à visser (au dévissage, vous perdez la pression). Il vous faut absolument une pompe à embout clipsable !
Rapport qualité/prix
C’est là que ça pique un peu. Affichées à 1790 € avec des moyeux DT350, et 2290 € pour ma version en DT240, on est sur une très grosse somme. Pourquoi mettre 2000 € dans ces roues plutôt que dans des modèles à 1000 € que je vous présente parfois ? Pour une raison majeure : la garantie à vie. Reserve est tellement sûr de sa solidité (issue du VTT) que vos roues sont garanties pour toujours. À ce prix-là, vous achetez la tranquillité d’esprit pour les dix prochaines années.
