On ne va pas se le cacher, le marché chinois est en feu en ce moment. La marque XMCS (XM Carbon Speed) propose un concept totalement fou. Pour ma part, avec 65 mm de profil, une largeur de 26 mm en interne et des rayons carbone, le tout pour un peu plus de 760 € et UCI approved, c’est sur le papier un hold-up. Mais concrètement, sur les routes abîmées de Normandie, qu’est-ce que ça donne ? Voici mon verdict après 5000 km intensifs.
Rigidité et transmission
Avec des rayons en carbone de 5 mm de large et une jante en carbone Toray T1100, la rigidité est bien là. Sur le plat, c’est une tuerie. La transmission de la puissance se fait directement, et les roues vous propulsent au-delà des 30 km/h avec une facilité déconcertante. Cependant, attention dans les montées : Dès que les pourcentages s’élèvent sévèrement (au-dessus de 7-10 %), c’est le revers de la médaille de ce profil de 65 mm. Il vous faudra de sacrés cuissots pour les relancer en dessous de 20 km/h. Elles sont un peu plus « plantées » et moins vives en danseuse qu’une paire de Scope Artech 6 (certes à 4000 €).
Comportement aéro
Le bruit de ces roues en 65 mm de haut… c’est juste démentiel ! À haute vitesse, on se sent vraiment supersonique. Il y a un vrai point de bascule : en dessous de 28 km/h, on subit un peu, mais dès qu’on franchit ce cap, l’inertie s’active et on « jumpe » à 31/32 km/h sans effort. Côté vent latéral, avec 65 mm, il y a forcément de la prise au vent. J’ai été un peu bousculé par des rafales de travers, mais ça reste totalement sain. Avec un peu d’habitude et un léger coup d’épaule pour compenser, la roue garde son cap sans vous envoyer dans le décor.
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Poids réel pesé
C’est le gros coup dur pour la concurrence européenne ! Annoncées à 1325 g, je les ai pesées moi-même sur la balance de l’atelier : 1335 g (720 g à l’arrière, 615 g à l’avant). Pour un profil de 65 mm, c’est totalement indécent. Elles sont plus légères que la quasi-totalité des roues à plus de 2000 € du marché, et à peine 90 g plus lourdes que mon ultime référence (les Artech 6).
Moyeu et roulements
Pour ce tarif, on a droit à des moyeux avec roulements céramiques et un système d’engagement Ratchet à 54 dents. Résultat : une fluidité incroyable. Le bruit de la roue libre est présent, c’est clair que vous ne passerez pas inaperçu dans les villages, mais c’est un son assez grave, pas du tout strident, et finalement pas désagréable à l’oreille.
Bruit de la roue libre XMCS :
Finition
La finition carbone UD mat est somptueuse et les moyeux couleur « titanium » sont vraiment de toute beauté. La jante ultra-large (26 mm interne, 33 mm externe) m’a permis de monter facilement à la main mes pneus tubeless de 30 mm. Petit bémol de finition : Autour de chaque tête de rayon sur la roue arrière, il y a de petites irrégularités dans le carbone (sûrement dues à la tension). Autre point d’amélioration, les stickers d’origine font un peu « cheap », mais la marque vient d’en sortir de nouveaux beaucoup plus pros pour 2026.
Autre point de finiton que j’adore et qui devrait être présent sur toutes les paires de roue, le bouchon de valve tubeless en aluminium avec une petite encoche qui permet de dévisser l’obus de la valve. Pratique si sur le bord de la route vous devez vous dépannez, vous aurez toujours l’outil avec vous.
Rapport qualité/prix
Proposées à environ 764 € (900 dollars), c’est de la pure folie. Avec le kit tubeless (fond de jante et très belles valves intégrées avec démonte-obus) ajouté pour une vingtaine d’euros, le rapport qualité/prix est insurpassable. Non, elles ne valent pas tout à fait le comportement dynamique (surtout en bosse) d’une paire à 4000 €, mais au vu du prix divisé par cinq, l’affaire de l’année est juste ici. Reste à valider la fiabilité à long terme et la tension des rayons après 1000 km !
