Paris-Roubaix Challenge et un vélo en bois

S’attaquer à « l’Enfer du Nord », c’est le rêve (ou le cauchemar) de tout cycliste passionné. Mais le faire sur une machine totalement insolite, c’est encore mieux ! Nous sommes à la veille de la course des pros, à 8h du matin, sur le parking du mythique Vélodrome de Roubaix. Le programme du jour : 145 kilomètres au total, dont 35 kilomètres de secteurs pavés.

Mais la vraie particularité de ce challenge, c’est ma monture. J’ai décidé de prendre le départ avec le Piccolo, un incroyable vélo au cadre conçu intégralement en bois !

Voici comment j’ai survécu au plus grand chantier cycliste de France.

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L’approche : La jungle avant les pavés

Une fois la plaque de cadre récupérée et la crème chauffante (la fameuse embrocation) tartinée sur les cuisses pour préparer les muscles au choc, on s’élance depuis Roubaix. Le Paris-Roubaix Challenge se déroule sur route ouverte. Les 50 premiers kilomètres pour rejoindre les pavés se font donc au milieu de la circulation et des 5 000 autres participants. Pour économiser un maximum d’énergie avant le carnage, j’ai eu la chance de tomber sur un groupe de cyclistes belges hyper bien organisés. Je me suis sagement calé dans leurs roues jusqu’au kilomètre 50.

Et puis… le premier secteur est apparu. Et pas n’importe lequel : la mythique Trouée d’Arenberg.

Le choc frontal : Survivre aux pavés de Roubaix

Les bras en bouillie et le cerveau qui tremble

Je vais être très direct : la première rencontre avec les pavés du Nord a été d’une brutalité absolue. Si en temps normal, c’est dans les jambes que le cyclisme fait mal, sur Paris-Roubaix, il faut s’armer de bras d’acier.

À peine engagé sur le secteur, chaque pavé envoie une onde de choc monstrueuse qui remonte dans les poignets, les coudes, les épaules, et qui finit par vous faire vibrer le cerveau et les yeux ! Je n’aurais jamais imaginé une telle violence. À mesure que les secteurs s’enchaînent tous les 4 à 6 kilomètres, les mains se couvrent d’ampoules (surtout quand on n’est pas très manuel comme moi). Éviter les autres cyclistes qui zigzaguent et les dizaines de bidons éjectés sur le sol devient un sport extrême.

La technique de pilotage : Le haut du pavé ou le caniveau ?

Pour passer un secteur pavé, il n’y a pas de secret, il faut choisir son camp :

  • L’équilibriste : Vous passez sur les bandes de terre sur les côtés façon cyclo-cross. Mais gare à la poussière, au sable et aux crevaisons très fréquentes.
  • Le fonceur « casse-cou » : Vous prenez le haut du pavé, en plein milieu de la route, et vous mettez du gros braquet ! C’est l’option que j’ai choisie sur la quasi-totalité de l’épreuve. C’est violent, mais c’est là que le vélo tape le moins de travers.

Bilan Matériel : Le vélo en bois, une folie ?

C’était l’attraction du peloton ! À chaque ravitaillement, les gens s’arrêtaient pour scruter mon vélo Piccolo. Tout le monde s’attendait à ce que ce soit, littéralement, un « bout de bois » inconduisible sur les pavés.

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Et bien c’est tout l’inverse ! Le comportement du cadre en bois a été bluffant. La matière encaisse et dissipe merveilleusement bien les vibrations. Si la fourche (en carbone) et mes bras ont pris tous les chocs frontaux, je n’ai ressenti absolument aucune douleur au dos ou au bassin. Le confort de ce cadre n’a absolument rien à envier aux machines en carbone très haut de gamme qui m’entouraient. Le vélo répondait à la moindre relance.

Côté périphériques : zéro crevaison sur 145 km (un miracle !), et mention spéciale à mon porte-bidon magnétique Fidlock qui n’a pas lâché mon bidon d’un seul millimètre malgré les secousses sismiques.

Le seul matériel qui n’a pas survécu : mes caméras ! Les vibrations extrêmes de « l’Enfer du Nord » ont littéralement achevé mon système de fixation vidéo après le secteur 11. J’ai perdu une bonne partie de mes rushs.

L’arrivée : Le tour d’honneur sur le Vélodrome

Après avoir survécu à tous les secteurs pavés, l’arrivée dans la ville de Roubaix sonne comme une délivrance. Et puis vient ce moment d’histoire pure : l’entrée sur la piste en béton du Vélodrome de Roubaix. Fouler cet anneau mythique, qui a couronné les plus grandes légendes de notre sport, pour franchir la ligne d’arrivée avec ce vélo hors du commun… c’est une sensation indescriptible.

Avant de partir, je trouvais que la médaille de finisher était anecdotique. Mais une fois la ligne d’arrivée passée, les mains en sang et les bras en compote, je peux vous garantir que l’on est incroyablement fier de se la mettre autour du cou !

Distance
–
Dénivelé +
–
Altitude max
–
Difficulté
Difficile
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Événement

Nom de l'événement Paris-Roubaix Challenge
Lieu Roubaix
Date / édition 2017
Site officiel https://www.parisroubaixchallenge.com/fr

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