Etape du Tour – Le Grand Bornand

Partie 2 de la cyclosportive :

S’il y a bien un événement qui rassemble l’essence même de la passion cycliste, c’est l’Étape du Tour. Se retrouver au milieu de 15 000 passionnés sur des routes 100 % fermées à la circulation, c’est une sensation indescriptible. Pour cette édition 2018, le menu était tout simplement titanesque : un enchaînement monstrueux de cols alpestres (Croix Fry, Glières, Romme, Colombière) sous une chaleur caniculaire.

Et devinez quoi ? Je me suis pointé au départ avec mon vélo Heroïn monté avec des roues profilées ultra-hautes. L’idée la moins logique du monde pour faire de la haute montagne, mais j’aime les défis ! Voici le récit de cette journée qui restera gravée dans mes mollets.

Un départ pied au plancher sur les bords du lac d’Annecy

Après un réveil en panique et une course-poursuite sur l’autoroute, j’arrive in extremis dans mon sas à 6h30. La tension redescend, le soleil se lève sur les montagnes, le décor est planté. Dès le coup d’envoi, mon plan qui consistait à rouler doucement pour profiter du paysage a volé en éclats. Sur la partie plate qui longe le lac d’Annecy, l’euphorie du peloton m’a totalement happé. Je me suis retrouvé à taper des gros relais à 39 km/h, le nez dans le guidon. J’étais en forme, mais griller des cartouches aussi tôt avant d’attaquer 4 cols de légende… c’était clairement l’erreur du débutant.

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La Croix Fry et la terre du Plateau des Glières

Dès les premières pentes du Col de la Croix Fry (11 km), j’ai remis les choses à plat. J’ai monté au tempo, en tournant les jambes sur le 29 dents pour ne pas exploser, car je sentais déjà que mon pire ennemi du jour n’allait pas être la pente, mais la chaleur.

La bascule faite, direction le redoutable Plateau des Glières. Ce col est un véritable mur. Mais la vraie particularité de cette ascension, c’est son sommet : on quitte le bitume pour rouler sur un chemin de terre et de cailloux blancs ! Contrairement à mes craintes, ce secteur « Gravel » improvisé s’est super bien passé. Par contre, la descente des Glières m’a totalement refroidi. Dès les premiers lacets, un cycliste s’est encastré violemment dans la glissière de sécurité sous mes yeux. Une image glaçante qui m’a rappelé que la montagne ne pardonne pas. À partir de là, j’ai fini la descente sur les freins, avec pour seule obsession de rentrer entier.

La vallée de transition et la fournaise du Col de Romme

Après cette descente de tous les dangers, place à une « zone de transition » dans la vallée. Et là, rebelote. Je tombe sur un groupe emmené par une cycliste en tenue Canyon qui roulait à plus de 40 km/h sur le faux plat. Impossible de ne pas jouer le jeu, j’ai pris des relais appuyés.

Mais l’addition de ces efforts est arrivée cash au pied du Col de Romme. Pour moi, ça a été la difficulté majeure de cette étape. Le bitume agissait comme un réflecteur thermique, la chaleur m’assommait par le bas. Je n’avançais plus, la souffrance était totale. Paradoxalement, c’est dans ce col que j’ai fait mon meilleur classement de la journée (dans les 660 premiers sur près de 12 000 finishers sur ce segment !), preuve que tout le monde était littéralement en train de rôtir sur la route. Au sommet, mon corps hurlait pour avoir de l’eau, au point de me jeter sur une fontaine avant même d’atteindre le ravitaillement officiel.

La Colombière, les crampes et « l’interminable chalet »

Dernière difficulté du jour : Le Col de la Colombière. Les premières crampes dans la jambe gauche font leur apparition. Psychologiquement, la fin de ce col est une torture. On aperçoit le fameux chalet du sommet depuis des kilomètres, mais on a l’impression qu’il ne se rapproche jamais ! J’ai serré les dents sur les derniers pourcentages, attrapé un dernier gobelet de Coca salvateur, avant de basculer.

Il ne me restait plus que 12 kilomètres de descente vers Le Grand-Bornand. Là encore, aucun risque. J’ai laissé filer le vélo en savourant chaque seconde de ce décor alpin grandiose.

Mon Bilan Chrono et Matériel

Je franchis la ligne au Grand-Bornand avec un chrono d’environ 7h14 pour une moyenne hallucinante (vu le profil !) de 25 km/h. Côté matériel, mon pari fou a payé. Le cadre Heroïn et, contre toute attente, les jantes très hautes en carbone ont parfaitement tenu le choc, même lors de mes freinages de « barbare » dans les descentes.

Cette Étape du Tour 2018 restera une expérience monumentale. L’organisation, l’ambiance, les encouragements du public au bord de la route… C’est ce qui fait la magie du vélo. Si vous hésitez encore à vous inscrire à ce genre d’épreuve : foncez, vous en baverez, mais vous ne le regretterez jamais !

Distance
–
Dénivelé +
–
Altitude max
–
Difficulté
Difficile
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Événement

Nom de l'événement Etape du Tour - Grand Bornand
Lieu Annecy
Date / édition 2018
Site officiel https://www.letapedutourdefrance.com/fr

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