En 2024, j’ai profité des vacances pour retourner en montagne avec un objectif très clair en tête : prendre ma revanche sur le Col de Joux Plane. Je suis reparti sur les traces de mon Étape du Tour de l’année dernière, une journée que j’avais littéralement subie à cause de la canicule. Je m’y étais arrêté à chaque lacet, le corps en surchauffe totale et le cerveau déconnecté.
Aujourd’hui, les conditions sont parfaites. Au départ de Taninges, le programme est volontairement court mais intense : 50 km pour 1300 m de D+, avec pour plat de résistance une « montée sèche » de Joux Plane. Le but ? Avoir enfin le temps et l’énergie d’apprécier ce mythe à sa juste valeur.
Le choix du braquet : L’erreur classique ?
Pour affronter ce chantier, je suis équipé d’un compact 50/34 à l’avant, couplé à une cassette 11-30 à l’arrière. Je ne vais pas vous mentir : dès les premiers hectomètres, j’ai tout de suite compris que ma dent de 30 allait chauffer. Honnêtement, j’aurais adoré avoir une cassette en 34 ! Quand vous attaquez des pentes pareilles sans être dans une forme olympique, une dent supplémentaire fait énormément de bien, ne serait-ce que psychologiquement.
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L’ascension : 11,5 km qui ne pardonnent pas
Le Col de Joux Plane, c’est un monstre classé Hors Catégorie : 11,5 km d’ascension à plus de 8 % de moyenne, pour frôler les 1000 mètres de dénivelé positif d’une seule traite. Ce qui rend ce col si redoutable, c’est son pied. On se prend immédiatement des rampes à 13 % dans les jambes. Il faut impérativement prendre son mal en patience et mouliner au maximum, car la suite n’offre quasiment aucun replat pour récupérer. À partir du 6ème kilomètre, on se retrouve « planté » dans un 10 % continu et usant. Par chance, en partant à la fraîche le matin, j’ai pu profiter de l’ombre des arbres, loin du calvaire thermique de ma précédente tentative.
Le sommet (1700 m) : Une récompense majestueuse
Dans les 3 derniers kilomètres, la forêt s’ouvre enfin. C’est le moment où la douleur dans les jambes (et le mal de dos !) commence à s’effacer devant le spectacle. Et puis vient la délivrance. On passe la ligne du sommet, et on bascule sur un panorama visuel incroyable : un lac d’altitude, une immense étendue dégagée, et face à nous, la chaîne du Mont-Blanc dans toute sa splendeur. C’est sans doute l’une des plus belles vues que l’on puisse s’offrir en haut d’un col français. Rien que pour ce panorama, toutes les gouttes de sueur lâchées plus bas sont oubliées.

Le retour par Morzine et Les Gets
Après une descente hyper technique et rafraîchissante vers Morzine (attention aux nombreux VTTistes de descente qui croisent la route !), j’ai attaqué la montée des Gets pour rentrer. Après s’être farci Joux Plane, les pourcentages des Gets paraissent presque faciles. Le gros bémol de cette portion reste la circulation très dense (poids lourds, bus…) qui contraste violemment avec le calme absolu de Joux Plane. Mon radar arrière ne m’aura jamais été aussi utile !
Mon bilan
Cette année, n’ayant pas forcément les kilomètres et l’entraînement nécessaires pour enchaîner 4000 m de D+, le format « montée sèche » s’est révélé être une révélation. Plutôt que d’être dans la pure gestion et de finir totalement détruit, on a le temps de profiter de l’instant, d’admirer les paysages, et surtout… de ne pas s’arrêter dans chaque virage ! Joux Plane reste un véritable chantier, mais la fierté de l’avoir vaincu proprement n’a pas de prix.