Après trois jours de tests intensifs ici en Toscane, autour de Massa Marittima, mes jambes commençaient sérieusement à saturer. C’est exactement dans ces conditions, avec les cuisses pleines d’acide lactique, que j’ai pris le guidon de la nouvelle génération du Look 785 Huez RS. Si l’ancienne version m’avait un peu tordu le dos, celle-ci propose une philosophie bien différente. Voici mon verdict sur cette machine pesée à seulement 6,6 kg.
Comportement dynamique
C’est un vélo de pur grimpeur, et son terrain de jeu, c’est l’ascension. Pour ma quatrième montée de la semaine sur une bosse de 4 km à 7 %, c’est pourtant avec ce Huez RS que je suis monté le plus vite et le plus facilement. Le vélo vous propulse en avant : il ne vous plombe jamais. Contrairement à certains vélos aéro qu’il faut sans cesse relancer pour ne pas buter, ici, le moindre watt supplémentaire se transforme en vitesse. L’effort est hyper linéaire, et dès qu’on se met en danseuse pour remettre du braquet au sommet, il repart comme une bombe.
Confort et filtration
C’est la très bonne surprise de ce test. J’avais le souvenir d’un ancien Huez RS ultra-exigeant, taillé uniquement pour les pros ou les coursiers capables d’envoyer des watts monstrueux. Aujourd’hui, Look a réussi à rendre ce vélo beaucoup plus accessible. Même si vous montez au train à 15 ou 16 km/h, vous ne subissez jamais le cadre. La finesse extrême des haubans arrière (qui pourrait presque faire peur visuellement) filtre parfaitement la route tout en gardant une rigidité redoutable au pédalage.
Publicité
Groupe et freinage
Bien que le terrain vallonné m’ait surtout fait me concentrer sur le châssis et les roues, un tel montage ne fait aucun compromis. Équipé du groupe SRAM Red (comme on peut le voir sur le magnifique pédalier en fin de sortie), le passage des vitesses en pleine charge dans les pourcentages raides se fait sans sourciller. Le freinage à disques est indispensable pour garder le contrôle dans les longues descentes toscanes parfois très ventées que j’ai pu affronter aujourd’hui.
Train roulant
C’est le véritable « game changer » de ce montage : les roues Scope Artech 2. Look a fait un choix fort en équipant son vélo de cette paire. Outre leur légèreté évidente, elles apportent une maniabilité et une réactivité hors normes. Elles ont ce talent rare d’être ultra-performantes tout en restant tolérantes pour le commun des mortels. Le détail qui tue : La roue libre Artech est extrêmement bruyante ! Personnellement, j’adore cette véritable « trompette », mais c’est un point à prendre en compte si vous préférez le silence absolu.
Intégration et finition
Visuellement, il est d’une grande sobriété mais d’une classe folle. Fini les couleurs traditionnelles très voyantes de la marque, on est sur un « paint job » subtil avec des nuances de gris et de bleu qui se fondent vers le carbone brut, un peu comme un nuage. Les tubes sont élancés, presque tubulaires. Côté poste de pilotage, on retrouve un cockpit hybride : potence et cintre sont séparés (ce qui est un bonheur pour la mécanique et l’ajustement) tout en offrant le look épuré d’un combo intégré, malgré un léger cache en plastique au niveau du pivot.
Rapport qualité/prix
Nous sommes ici sur un montage sans aucun compromis, un « vélo ultime ». Rien que la paire de roues Scope Artech 2 représente environ un tiers du prix total de la machine. C’est un investissement élitiste, certes, mais la cohérence de l’ensemble est parfaite. La question qui se pose pour moi : habitant en Normandie, un pur grimpeur est-il le choix le plus logique à l’année ? Pas forcément. Mais monté avec des roues un peu plus hautes (comme des Artech 4), je suis persuadé qu’il ferait des ravages sur nos routes vallonnées !
